Les chemins de Nelson Mandela

 

Nelson Mandela revenant dans sa cellule à Robben Island.
Nelson Mandela revenant dans sa cellule à Robben Island.

  Les chemins de Nelson Mandela est un livre écrit par Richard Stengel, un journaliste et écrivain américain (rédacteur en chef du Time Magazine de 2006 à 2013) qui a également aidé le leader sud-africain à rédiger et à réviser son autobiographie, un long chemin vers la liberté.

  Afin de réaliser ce travail, il a partagé la vie de Mandela pendant plus de deux ans, devenant son ombre. Il a tenu un journal de ce temps passé auprès de lui, finissant par constituer l’essentiel de l’ouvrage chroniqué, comme il l’explique lui-même dans l’introduction. « Ce livre est une façon (…) d’offrir sa générosité et sa sagesse à ceux qui n’ont pu en bénéficier. »

  L’ouvrage est structuré en 15 leçons de vie, d’amour et de courage. Ces leçons, Nelson Mandela « les a apprises non seulement en détention, mais tout au long de sa vie. Elles comptent parmi les choses qui ont fait de lui un meneur d’hommes, et un être humain exemplaire. Non, tout le monde ne peut pas être Nelson Mandela. Et, heureusement, peu d’entre nous ont à souffrir dans leur vie ce qu’il a dû souffrir dans la sienne. Mais cela ne signifie pas que ces leçons ne s’appliquent pas à nos existences quotidiennes. Bien au contraire. »

1. Le courage n’est pas l’absence de peur : c’est le fait de la surmonter, faire semblant d’être courageux. En feignant d’être courageux, vous le devenez. Le courage est quotidien et nous pouvons en faire la démonstration dans les grandes occasions comme dans les petites.

2. Etre mesuré : la maîtrise de soi, c’est la marque du dirigeant. Il vaut mieux pécher par excès de calme et de monotonie plutôt que de céder à la nervosité. Les gens veulent savoir comment vous gérez la situation, ils veulent savoir que vous ne vous laissez pas ébranler et que vous allez régair de façon mesurée.

3. Prendre l’initiative : le leader ne doit pas seulement diriger, mais être vu en train de le faire. Etre vu en train de prendre l’initiative confère souvent de l’autorité. Etre un meneur signifie en outre assumer ses responsabilités et admettre qu’on a pu se tromper – y compris quand personne ne vous accuse d’avoir tort.

4. Diriger de l’arrière : si le leadership est pour une part très importante affaire de représentation, c’est en autorisant les autres à agir que l’on communique son propre leadership, ses propres idées. Le principe est valable dans tous les domaines. L’essentiel n’est pas de devenir le premier en passant devant les autres, mais d’écouter et de créer un consensus.

5. Etudier son rôle : la meilleure façon d’aider les autres à percevoir votre personnalité réside dans votre façon de vous présenter. Si vous voulez jouer votre rôle, il vous faut le bon costume, et ceci dans un sens plus large que la tenue vestimentaire. Les apparences forment la réalité. Vous décidez qui vous voulez être et créez l’apparence – donc la réalité – de cette personne-là.

6. Avoir un principe central – tout le reste n’étant que tactique : il faut se plier à la réalité du terrain, changer de stratégie, s’adapter, s’ajuster afin d’atteindre son but essentiel, son grand objectif. La stratégie est définie par la situation, non par les principes. En un sens, le principe ultime, c’est le pragmatisme.

7. Voir le bien chez les autres : s’intéresser aux qualités d’un individu augmente les chances de cet individu de développer sa personnalité. Nul n’est entièrement bon ou mauvais. Faire confiance est un risque à assumer car c’est souvent profitable. Il est bon de l’assumer et d’agir en se fondant sur l’idée que les autres sont intègres et dignes. Voir ainsi ceux avec qui vous travaillez attire l’intégrité et la dignité.

8. Connaître son ennemi : on ne vient pas à bout de son ennemi si on ne le comprend pas. Le fait de le connaître n’est pas seulement une obligation tactique, mais aussi une obligation d’empathie. Pour vaincre son ennemi, on doit conquérir son coeur puis se garder de l’humilier en aucune circonstance. Laissez-le sauver la face.

9. Garder ses rivaux près de soi : prévoir les réactions de ses rivaux est une façon d’anticiper. On doit s’attendre à l’attendu, à ces situations auxquelles nous ne nous préparons pas, et dont nous savons qu’elles ont toutes les chances de se produire. Il faut feindre de dépendre de son rival afin de « l’avoir à l’oeil » et se trouver assez près pour voir venir le danger.

10. Savoir dire non : ce n’est pas si simple qu’il y paraît. Nous avons tendance à oublier que « non » est bel et bien une sentence. Le fait de ne pas savoir le dire sur le moment a un prix : il sera encore plus difficile de le faire plus tard. Les gens supportent plus facilement un refus bien net qu’un non hésitant. Il vaut mieux régler question vite fait, bien fait. Vous vous épargnerez ainsi beaucoup d’ennuis durables.

11. C’est une longue partie : parce que notre culture récompense la vitesse, nous voyons l’impatience comme une vertu. Mieux vaut être lent et réfléchi que de se hâter dans le seul but de passer pour un décideur. Ce n’est pas la rapidité d’une décision qui compte, mais le but recherché. Si vous voyez plus loin, si vous agissez sur le long terme, ce que vous gagnerez aura davantage de valeur.

12. L’amour fait la différence : en abordant cette question, si personnelle et sans doute aussi en raison de la vie de Mandela (27 ans en prison), l’auteur pudiquement n’a pas tenté d’en sortir un principe général ou d’établir un parallèle avec nos vies. Il raconte simplement le parcours du leader sud-africain en ce domaine.

13. Partir, c’est aussi diriger : parfois le travail peut consister à « fixer le cap et non à piloter le navire ». Si vous agissez en bon leader, vos pas laisseront leur empreinte dans le sable, et les autres les suivront. Il est bon de lâcher prise et de ne pas se bagarrer sur tout, il est des circonstances où il vaut mieux sauvegarder son capital.

14. Les deux, toujours : l’incohérence n’est pas systématiquement un défaut. Il n’existe pas de réponse simple aux questions les plus difficiles. Il faut donc s’intéresser à toutes leurs dimensions, même s’il n’est pas toujours possible d’y parvenir. Cette façon de réfléchir est exigeante, il faut fournir un effort de volonté, il faut de l’empathie, de l’imagination. Mais la récompense peut être à juste titre qualifiée de sagesse.

15. Avoir un jardin à soi :  un endroit où se perdre pour mieux se trouver. Nous devrions tous cultiver notre jardin, nous avons tous besoin de quelque chose qui nous permette de nous échapper, qui nous apporte du plaisir et des satisfactions ; d’un endroit à l’écart du monde. Car il n’existe rien de plus relaxant que de se concentrer sur une besogne agréable qui fasse travailler l’esprit sans trop exiger de lui.

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