Créer un modèle de leadership efficace

Un article de Simon Childs – Parkwell Management Consultants

Le philosophe chinois Confucius a écrit : « Le succès dépend de la préparation en amont, et sans une telle préparation, l’échec est certain ». On n’imaginerait pas essayer de construire une maison sans en élaborer un plan, ou en ce qui nous concerne, tenter de diriger une organisation vers le succès sans y réfléchir à l’avance.

M’étant spécialisé dans la recherche et le recrutement de professionnels en leadership depuis plus de 15 ans, j’ai constaté certaines caractéristiques intéressantes chez beaucoup de leaders que j’ai pu rencontrer. L’une de ces caractéristiques est qu’ils reproduisent leur succès d’une organisation à l’autre en utilisant le même modèle de leadership, à la fois flexible et bien rodé.

Créer un modèle de leadership 

Étant donné les grandes différences pouvant apparaître entre non seulement les leaders mais aussi les environnements professionnels dans lesquels ils évoluent, il n’existe pas de formule unique pour développer un modèle qui garantit le succès en matière de leadership. On peut ainsi se poser la question : « Par quoi commencer ? » Walt Disney affirmait : « Vous pouvez concevoir, créer et construire l’endroit le plus magnifique sur terre. Mais vous aurez besoin des gens pour faire du rêve une réalité. » En concevant Disneyland, Walt Disney a reconnu que les travailleurs étaient son atout principal, et en tant que tels les a placés au cœur de son modèle de leadership. Par conséquent, commençons avec les gens.

Récemment, je me suis adressé à un groupe de dirigeants lors d’une de mes conférences et je leur ai posé la question suivante : « quels sont les attributs et caractéristiques d’un grand leader ? » Le retour de ces derniers fut très positif et vivant, citant parmi d’autres :

« Quelqu’un qui écoute vraiment », « manifestant de l’enthousiasme », « passionné », « charismatique », « montrant de l’appréciation », « visionnaire », « un rôle-modèle », « sachant résoudre les problèmes », « digne de confiance », « intègre », « organisé », « compétent », « crédible », « persuasif », « juste », « capable de construire une équipe forte », « clarté de la vision », « d’une attitude positive », « ayant le sens du service », « dirigeant par l’exemple », « patient », « ne craignant pas de prendre des risques », « comprenant ceux qui les suivent », « persévérant », « accordant du crédit aux autres », « adaptable et apportant le changement » ou, comme l’un des dirigeants l’affirma, « descendant de son piédestal et allant directement à la rencontre des membres de son équipe sur le terrain ».

Cependant, quelles indications peuvent-être tirées de ces réponses ?

1.      Styles de leadership : souple ou dur

De toute évidence, ces caractéristiques sont liées à l’aspect humain du leadership. Je trouve cela intéressant car j’ai souvent entendu les gens dénigrer ce qu’on appelle le “soft leadership”. Cependant, il me semble que cette description n’est vraiment pas appropriée ! Appliquer ces aspects plus humains requiert du leader plus d’authenticité, de confiance et de force de caractère.

Ces réponses suggèrent que les gens veulent suivre des leaders qui les écoutent, leur témoignent du respect et plus important encore, qui inspirent chez eux un sentiment d’appartenance aux missions, aux valeurs de l’organisation.

2.      Styles négatifs de leadership “Présent par leur absence”

Considérons maintenant la terminologie qui faisait défaut dans les réponses apportées par l’audience, des termes comme dominant, agressif, désapprobateur, sévère, obstiné, sérieux, lunatique, vindicatif, dur, rude, punitif, cruel, blâmant les autres, contrôlant les autres, manquant d’empathie.

C’est intéressant de voir que beaucoup des représentations les plus populaires du leadership sont dépeintes en faisant l’emphase sur au moins l’un de ces termes négatifs évoqués ci-dessus. Lorsque j’interviewe des dirigeants, j’observe souvent que de tels styles de leadership “durs” sont souvent le refuge de ceux qui manquent de la force, des compétences ou des capacités requises pour diriger de façon plus authentique.

Il est clair que de temps à autre des situations surgissent où il peut être judicieux ou avantageux d’adopter certaines de ces caractéristiques dites négatives. Cependant, d’après ma propre expérience, les leaders traitant les membres de leurs équipes avec compassion, équité et respect obtiennent à leur profit des niveaux plus élevés de loyauté et de coopération.

Influencer plutôt que commander ou contrôler

Plusieurs des meilleurs leaders que j’ai pu interroger m’ont constamment raconté des histoires à propos de la loyauté, de la confiance et de l’engagement qu’ils ont insufflé dans les relations avec leurs collègues. Ils me racontent comment à travers leur propre engagement personnel, ils arrivent à ce que leurs collègues fassent la chose en plus ou travaillent plus tard pour finir les tâches en cours ou encore se tiennent à leurs côtés en temps de crise.  Ici, le cynique pourrait ajouter : ils le font parce qu’ils ont peur ou qu’on les y oblige » C’est possible, mais l’utilisation de ces armes sont des tactiques à court-terme qui n’inspirent pas beaucoup de loyauté parmi les membres d’une équipe et n’engendrent pas non plus une réussite persistante du leadership. Ken Blanchard illustre bien ce point dans sa citation : “la clé du leadership aujourd’hui c’est l’influence, pas l’autorité.”

D’après mon expérience, les leaders les plus assurés commencent par bâtir la confiance dans leurs relations avec leurs collègues. Ils travaillent depuis l’intérieur vers l’extérieur ! Commençant modestement, ils inspirent d’abord la confiance chez ceux qui les entourent et partagent leur modèle de leadership positif. Ils encouragent ces derniers à faire de même et à reproduire ce modèle dans l’organisation, établissant par là un mantra de valeurs clés basées sur l’exécution, l’intégrité et la responsabilité. Ils élaborent et communiquent leurs objectifs avant de se mettre de côté pour laisser leurs équipes y parvenir. À travers de bons indicateurs et une supervision adaptée, ils gardent leurs équipes concentrées sur la performance de l’individu et de l’équipe, les ramenant au modèle s’ils en dévient.

Finalement, le vrai leadership devrait habiliter les autres à devenir des leaders eux-mêmes et établir un exemple positif. Il embrasse le concept du travail collaboratif en tant qu’équipe pour la réalisation des objectifs de l’organisation, et non en tant qu’individu. Il adopte l’attitude selon laquelle aucune contribution individuelle, aucune personne n’est plus ou moins importante qu’une autre. Les gens veulent suivre des leaders qui les inspirent à se développer professionnellement et qui les encouragent à viser de plus grands accomplissements. J’ai souvent observé que les leaders les plus influents se tiennent épaule contre épaule avec leurs collègues dans le développement de leurs propres modèles de réussite.
Ainsi, quel style de leadership vous semble le plus approprié, souple ou dur ? Et comment évalueriez-vous les leaders dans votre organisation ?

Simon Childs est chasseur de tête et travaille à Parkwell Management Consultants où il recherche, sélectionne et recrute des hauts dirigeants pour le compte d'organisations majeures au Royaume-Uni et en Europe.

Cet article est traduit de l'anglais et peut être trouvé via le lien suivant : https://www.linkedin.com/pulse/creating-blue-print-leadership-success-simon/

Un commentaire ?