Comment devenir un meilleur manager : 3 fondamentaux incontournables


Image par Ronald Carreño de Pixabay

Honnêtement, qu’est-ce qui vous fait peur lorsqu’on vous parle de management ?

Cela semble paradoxal (ou risible) mais pourquoi est-ce que la plupart de mes camarades de promo d’une école d’encadrement cherchaient (comme moi) en sortie d’école des postes où justement on n’avait pas à manager ?

Je crois que vous tenez la réponse.

N’ayez pas peur de l’avouer, cette anxiété ou crainte (le degré dépendra de votre personnalité) est toute naturelle.

Car si vous n’avez jamais managé, vous songez par anticipation à ces personnes que vous ne connaissez pas (ou que vous connaissez déjà – ce qui est souvent pire) qui seront vos subordonnés.

En d’autres termes, vous serez leur supérieur.

La plupart des gens sont mal à l’aise à cette idée. Certains sont même terrifiés.

Pour les plus sains d’entre eux du moins. 

Vous avez en effet toujours des malades qui vendraient père et mère pour donner des ordres à leur prochain.

Je plaisante. 

Enfin, pas tant que ça en y réfléchissant. Mais c’est un autre sujet.

Ce que je veux vous dire, c’est que votre appréhension est tout à fait normale.

Dans l’immense majorité des cas, vous devenez manager sans aucune formation et vous ne savez même pas ce que vous faites.

Je suis passé par là, je sais de quoi je parle.

Et vous avez aussi autre chose en tête : éviter à tout prix de devenir M. ou Mme ________ (complétez avec le nom du mauvais manager que vous avez en tête et sous les ordres duquel vous avez malheureusement exercé).

Ici, l’égalité professionnelle femme-homme est bien respectée. Un mauvais manager peut être un homme comme une femme.

Mais j’ai une bonne nouvelle.

Cela ne vous arrivera pas, vous ne serez pas cette personne car…

…Les managers ne sont pas nés, ils se forment. 

Vous pouvez le faire, devenir un bon manager, comme d’autres avant vous.

La plupart du temps, les managers se forment sur le tas car les bonnes formations dans le domaine sont rares.

Très souvent aussi, c’est du jargon, des choses vagues, qui n’ont pas véritablement de sens ou de lien direct avec vos tâches concrètes du quotidien.

C’est pour cette raison que j’ai souhaité écrire cet article, essayer de simplifier les choses, vous donner des exemples et des indications pratiques pour obtenir des résultats concrets.

Avant toute chose, il y a 3 fondamentaux que vous devez intégrer afin de partir du bon pied et opérer votre transition vers votre nouveau rôle.

Examinons-les ensemble.

1. Assumer son positionnement de manager

Revenons à nos moutons : le malaise que vous ressentez à l’idée de vous projeter manager.

Au lieu de fuir le sujet (en esprit) ou la situation (choisir un autre job), vous avez grand intérêt à « conscientiser » votre inconfort (excusez-moi pour les grands mots).

Afin de clarifier les choses, laissez-moi vous raconter ici une petite anecdote me concernant.

Si vous n’avez pas lu ma page « A propos », vous ignorez sans doute mon parcours.

Je n’ai pas du tout été catapulté manager dès mon entrée dans le monde du travail. J’étais un simple agent, tout jeune et tout en bas de l’échelle. Je faisais partie d’une équipe, c’est-à-dire que j’étais du même niveau hiérarchique que mes collègues. 

Je ne manageais pas, ne donnais pas de consignes, j’étais un simple exécutant et cela me convenait tout à fait.

Les années passant, j’ai évolué. J’ai fini par passer un concours et j’ai intégré une école « formant » des cadres. La bonne blague.

Le cursus d’une année était (et est toujours) constitué de cours en amphi et de stages dans des établissements.

Et c’est lors de mon dernier jour de stage, à la fin de mon année d’école, que son directeur est passé me voir pour s’entretenir avec moi.

Il ne venait pas me voir moi en particulier parce que je l’avais bien mérité (en positif ou négatif) mais simplement parce que lui et d’autres membres de son staff passaient voir tous les stagiaires.

Nous étions donc seuls dans un bureau sur le lieu de mon stage, face à face, et nous avons échangé sur mon expérience. 

Pour tout vous dire, je ne me rappelle absolument plus du contenu de cet entretien qui a duré environ une demi-heure.

En revanche, j’ai toujours retenu une phrase qu’il m’a dite : « le positionnement c’est dans la tête. Si ce positionnement est bien ancré (ce faisant, il a pointé le doigt sur son front), le reste suivra. Au contraire, s’il ne l’est pas, rien n’y fera. »

J’ai toujours retenu cette phrase car c’est terriblement vrai.

Vous devez avant toute chose assumer dans votre esprit votre nouveau positionnement.

Vous n’êtes pas un membre de l’équipe. Ou vous ne l’êtes plus.

Vous êtes le chef, le manager, le cadre, le leader.

Et la nature humaine étant ce qu’elle est, les gens ne verront que ça, votre position, pas la personne derrière (ou très peu).

Et c’est pour cette raison que je parlais de « conscientiser » votre inconfort. 

Vous devez assumer cela consciemment, y réfléchir régulièrement jusqu’à ce que cela soit comme une seconde nature.

Très souvent j’ai vu des personnes de mon équipe, pourtant compétentes par ailleurs et travailleuses, ne remplissant pas les attendus de leur poste managérial.

Il ne s’agissait pas de mauvaise volonté mais elles n’avaient pas pris la mesure de ce que l’on attendait d’elles.

Sans même parler d’expérience ou de formation (toutes deux sont bien évidemment nécessaires pour devenir un bon manager), elles n’y avaient tout simplement pas réfléchi.

Réfléchi à la composante managériale de leur poste, réfléchi au comportement et à l’attitude à adopter, réfléchi à tout ce qui a trait à la gestion d’une équipe, des membres la composant.

En parlant de réflexion sur le leadership, je vous conseille de lire cet article.

Car si ce positionnement est assumé, réfléchi, vous agirez nécessairement différemment, vous prendrez plus conscience de vos responsabilités vis-à-vis de l’organisation et des membres qui la composent.

Ce qui nous amène au point suivant.

2. Créer un environnement de travail dans lequel les gens aiment évoluer

On dit souvent qu’une organisation ressemble à celui ou celle qui la dirige.

Je l’ai constaté à de multiples reprises, et vous l’avez sans doute constaté vous aussi.

Si par exemple, un directeur ou une directrice est anxieux(se) ou stressé(e) par nature, c’est toute l’ambiance de l’entreprise, de l’administration, d’un service, qui en sera teintée.

Pire, s’il ou elle est vraiment mauvais(e), l’ambiance sera délétère. Le pourrissement d’un poisson commence par la tête.

Un membre de l’équipe pourra être agréable ou désagréable de manière habituelle, cela n’aura jamais autant d’impact sur l’organisation que s’il s’agit de la personne qui est placée à sa tête.

C’est comme ça, c’est une réalité.

N’avez-vous jamais lu des articles de journaux où tout un service se « rebelle » contre un responsable usant de méthodes managériales abusives.

Cela arrive tout le temps.

Ces personnes utilisent malheureusement leur position pour contraindre, harceler, faire pression sur leurs subordonnés.

Ils n’ont que faire de leurs agents, ils s’en fichent, ce n’est pas leur problème.

C’est un problème.

Nous abordons ici un aspect fondamental :

Vous n’êtes pas important. Et tout le monde se fout de vos compétences.

Il ne s’agit pas de vous ni de votre poste.

Mais de ceux que vous dirigez. 

La responsabilité la plus évidente du manager est de se soucier de ceux qu’il dirige.

N’oubliez jamais que les résultats d’une organisation résultent du travail produit par les hommes et les femmes composant cette organisation.

Ils doivent donc être la cible principale de votre attention, vos efforts, votre travail.

Ainsi, tout le monde n’aura que faire de vos compétences jusqu’à ce qu’ils se rendent compte à quel point vous vous souciez : 

  • de leur travail
  • de leur poste
  • de leur contribution
  • de leurs idées et initiatives
  • de leurs craintes et réticences
  • de leurs sources de motivation.

Tous les managers (dignes de ce nom) doivent s’attacher par leur comportement, leurs actions et leurs propos, à créer un environnement dans lequel les agents aiment travailler, se sentent en sécurité, souhaitent et peuvent apporter leur contribution.

Il ne s’agit pas de changer votre personnalité bien entendu. Restez comme vous êtes. 

Non, il s’agit de contribuer à créer un environnement positif du fait de votre positionnement justement.

Un environnement dans lequel les personnes motivées peuvent s’épanouir.

Car vous ne pourriez les motiver vous-même, même si vous le vouliez.

La motivation naît et persiste à l’intérieur d’un individu, par rapport à un environnement donné.

Votre job est donc de créer cet environnement (sa tonalité, son ambiance, sa singularité).

Si vous constatez que vos agents deviennent plus performants dans leur travail, c’est un indice que vous faites du bon boulot dans la création de l’environnement voulu.

Si vous voulez approfondir ce sujet, vous devriez alors visionner cette vidéo de Simon Sinek : https://youtu.be/lmyZMtPVodo

Ce qui nous amène au point suivant.

3. Vos compétences humaines comptent (bien) plus que vos compétences techniques.

Manager une équipe est difficile car le boulot principal consiste à composer avec les gens.

J’ai en effet connu des personnes qui ont abandonné des postes managériaux.

Non pas à cause de la complexité de l’organisation, de la technicité requise, de la quantité de travail à abattre.

Non, ils ont abandonné car ils ne savaient pas comment s’y prendre avec les gens.

Nous sommes tous des êtres complexes aux facettes multiples.

Avez-vous déjà entendu parler du quotient émotionnel ?

Des études ont démontré que le quotient émotionnel a une part beaucoup plus importante que le quotient intellectuel dans la réussite des managers.

Beaucoup de gens super intelligents, ultra-qualifiés, avec des compétences techniques variées, échouent lorsqu’on les place en position de leadership.

Pour une raison simple : les qualités nécessaires sont humaines.

Ce n’est pas que le QI et les compétences techniques sont hors-sujet, elles sont bien évidemment nécessaires.

Mais elles ne sont qu’un prérequis.

L’intelligence émotionnelle est le sine qua non du leadership.

Alors, comment pouvez-vous déterminer si une personne dispose d’un fort quotient émotionnel et comment pouvez-vous l’identifier chez vous ?

Je vous donne les clés. Il y a 5 composantes : 

  • La conscience de soi
  • La maîtrise de soi
  • La motivation
  • L’empathie
  • Les capacités sociales

Vous aimeriez aller droit au but ?

OK, alors voilà, en résumé il s’agit de :

Votre capacité à travailler avec les autres et à mener le changement.

C’est cela l’intelligence émotionnelle. 

Et il a été prouvé par de multiples études qu’elle est 2 fois plus importante que le QI et les capacités techniques dans la performance au travail, quelque soit le niveau du poste.

Pour développer cette intelligence émotionnelle, vous devez devenir un observateur attentif de la nature humaine.

La vôtre.

Celle des autres.

Comme l’a dit Claude Hopkins (l’un des grands pionniers de la publicité moderne et donc nécessairement fin connaisseur des êtres humains) : 

« La nature humaine est perpétuelle. À beaucoup d’égards, elle est la même aujourd’hui qu’à l’époque de César. Ainsi les principes de la psychologie sont stables et demeurent. »

Par exemple, en tant que manager, vous gagnerez toujours plus à solliciter l’avis d’un de vos agents ou à initier un échange avec lui sur une façon de procéder plutôt que de lui donner immédiatement un ordre.

Vous y gagnerez des 2 côtés : 

– vous obtiendrez une information souvent pertinente (c’est lui ou elle qui est sur le terrain, ne l’oubliez jamais) ;

– vous montrez que vous accordez de la valeur à la personne et consolidez donc votre relation humaine comme professionnelle.

C’est exactement ce que faisait en son temps un des plus grands leaders que la Terre ait connu, à savoir Abraham Lincoln (Président des États-Unis de 1861 à 1865).

Voici par exemple la remarque qu’il a pu faire à propos de l’un de ses généraux, nommé par ses soins mais qui finalement se révéla être un piètre leader :

« Son erreur cardinale est qu’il s’isole de lui-même, et n’autorise personne à le voir. En conséquence de quoi, il ignore totalement ce qui est en train de se passer dans le domaine qui le concerne en premier lieu. »

Au regard de ce que je viens de vous dire sur la nature humaine, cela fonctionnera aussi pour vous au XXIème siècle.

En effet, vos subordonnés ou les gens avec lesquels vous travaillez, s’ils constatent à quel point ils ont un accès facile auprès de vous, se diront naturellement :

« Ce type cherche à tout prix à connaître mon opinion, il se soucie de ce que je pense et de ce qu’il se passe réellement. Il doit vraiment être déterminé à ce que tout fonctionne ! »

Si vous voulez mieux vous débrouiller avec les autres, je vous conseille vraiment de lire « Comment se faire des amis et influencer les autres » de Dale Carnegie.

Ne vous fiez pas à son titre qui ne rend pas justice à son contenu.

Il s’agit vraiment d’un manuel vous permettant de vous entendre avec les gens, de savoir comment vous y prendre, peu importe le domaine envisagé, qu’il s’agisse du travail, de votre vie sociale ou familiale.

30 millions d’exemplaires vendus ne peuvent mentir. 

L’immense majorité d’entre nous, en conscience ou non, souhaite développer ses capacités dans les relations humaines car elles sont la CLÉ de presque tout.

Et notamment du management et du leadership.

Pour conclure : 

Ce n’est pas sans raison que toute la littérature sur le management et le leadership peut paraître abstraite.

On vous parle de vision, de valeurs, de stratégie, etc.

Car les qualités nécessaires sont en effet difficiles à définir, un peu comme si vous essayiez de retenir de l’eau dans vos mains.

Il faut pour autant reconnaître que ces notions « bateaux » ne vous aideront pas vraiment dans ce que vous êtes ou serez amené à faire d’un moment à l’autre de votre journée.

Vous devrez réagir face aux évènements qui se déroulent devant vous.

Vous devrez souvent improviser, du moins au début.

Et corriger vos actions en fonction des erreurs que vous ne manquerez pas de commettre.

Il faut ici un discours de vérité : cela n’a rien de facile d’être un manager. C’est un boulot difficile.

Mais en toute chose, construire se fait sur des bases.

Vous pouvez vous appuyer dessus.

Respecter les bases et les utiliser est le b-a ba de toute réussite.

C’est notamment en étudiant et digérant ces 3 fondamentaux que nous venons de voir que vous pourrez tirer l’essentiel de votre jeu managérial.

Donc à vous de jouer ! 

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